Pourquoi « i.m.m.e.n.s.e. » ?

i.m.m.e.n.s.e. est l’acronyme de « Individu dans une Merde Matérielle Énorme mais Non Sans Exigences ».

C’est la nouvelle dénomination des personnes autrefois appelées « SDF », « sans-abri », « sans-papiers », « précaires » ou « habitants de la rue ».

Avantages :

  • Fin de l’hypocrite euphémisme qui ne trompe personne (« usagers », « bénéficiaires », « gens », « public » voire « clients ») : on spécifie le problème matériel de la personne.
  • Fin de la stigmatisation (« SDF », « sans-abri », « sans-papiers », « précaires »…) : on ne réduit pas les personnes à leur problème matériel, et, partant, on a moins la détestable tentation de les mettre toutes dans le même sac.
  • Fin de la pirouette faussement non-négative (« habitants de la rue ») : qui veut d’un trottoir en guise de salon et d’un asile de nuit en guise de chambre à coucher ?
  • Le nom immense est clairement positif, valorisant, enviable.

Exemples :

Une petite centaine d’immenses poussent quotidiennement la porte de cette association. En devenant immense, du jour au lendemain, j’ai perdu beaucoup d’amis. S’il n’y a pas assez de sandwiches, priorité aux immenses ! OK, je suis immense, mais de là à me manquer de respect ! Comment faire entendre la voix des immenses ? Si l’activité n’intéresse plus aucun immense, on y met fin. Le Syndicat des immenses a été officiellement lancé le 10 mai 2019 en face du Parlement européen, square Léopold. Votre public est constitué exclusivement d’immenses ? On compte quelques immenses parmi nos bénévoles. Les immenses seraient plus forts s’ils se regroupaient. Les immenses sont de plus en plus visibles dans la ville. Encore une immense qui a retrouvé un logement, bravo ! La seule différence entre nous, les immenses, et vous, c’est qu’on est dans une sacrée merde matérielle !

Attention :

Un·e immense n’est jamais seulement un·e immense. Comme l’adepte d’une religion ne se réduit pas à sa foi. Comme tel·le ressortissant a plus que des origines. Comme la personne porteuse d’une maladie vit aussi autre chose que sa maladie. Tout le monde a des désirs, des compétences, des projets, des frustrations, des angoisses, des hauts et des bas, et toutes les identités sont multiples et croisées. Cela va sans dire ? Pas si sûr, et d’autant moins que la personne est perçue souvent / se perçoit parfois comme étant « au bas de l’échelle sociale ». Comme les immenses.