Action décembre 2023

Après la première « Université d’été des immenses » du 22 octobre 2021 à la VUB, la deuxième « Université d’été des immenses » aura lieu le 26 mai 2023 à l’UCLouvain Saint-Louis – Bruxelles. Et en voici les 3 thèmes :

1. L’humanimalisme est essentiel
L’histoire en témoigne : l’opposition tranchée et dominante en Occident entre les humains et les autres animaux se retourne contre les immenses dès que leur pleine humanité est questionnée, négligée, voire niée. Une bonne raison de déconstruire cette opposition ! Et cela tombe bien car de nombreux philosophes ont entamé ce travail de déconstruction. Quant à la lutte contre la maltraitance animale, elle a le vent en poupe : surfer sur cette vague permettrait-il d’améliorer le sort des immenses ? Enfin, l’approchante animalisante de l’aide dispensée aux immenses, c’est-à-dire qui considère ces derniers comme des êtres seulement nécessiteux et non également désirants, n’ayant que des besoins à satisfaire et non des rêves à réaliser, a clairement montré ses limites. Mais revendiquer l’humanimalisme suppose de répondre autrement à deux vieilles questions qui collent aux fesses des immenses, celle de leur (ir)responsabilité et de leur (in)dignité.

2. Fin des injustices ou des inégalités : quelle priorité ?
Les deux objectifs, à première vue, se recoupent largement. Et pourtant. Les concepts de justice et d’égalité ne sont pas interchangeables. Et s’ils se révèlent tous les deux d’une grande complexité / ambiguïté / relativité, c’est pour des raisons très différentes. Entre l’officielle égalité devant la loi et l’égalité réelle dans la société, il y a une marge. Entre l’injustice au sens juridique du terme et le sentiment d’injustice, il y a une marge. Si, face aux inégalités, un fatalisme sociétal relatif pourrait faire consensus, l’intolérance politique face aux injustices est, elle, absolue. Mais à partir de quand les inégalités grandissantes constituent-elles une forme d’injustice ? Une question impossible à trancher, car, moins on se bat pas à armes égales, plus les inégalités endurées sont ressenties comme des injustices. Pire : un rapport de force, défavorable aux immenses, préside à la détermination de ce qui est juste / injuste. Rien de tel pour ce qui est égal/inégal. Bref, puisqu’il faut « réparer » la société, par où commence-t-on ? Question subsidiaire : quel est le contraire d’injustices ?

3. L’(a)normalité des illégalités et autres fourberies de l’État
Pourquoi l’État (au sens large et tentaculaire du terme) devrait-il être irréprochable ? Parce que son irréprochabilité rêvée est le dernier espoir auquel s’accrocher ou parce que toutes les colères des immenses convergent vers ses défaillances ? L’un n’empêche pas l’autre, et l’important est ailleurs : dans la dénonciation systématique de ces défaillances. Inacceptables, les lois infondées, illogiques ou injustes, les lois contradictoires, jamais appliquées ou absconses, les lois électoralistes, « écran de fumée » ou « effet d’annonce ». Insupportable, l’arbitraire des traitements, des décisions, des jugements. Révoltantes, enfin, les illégalités commises par l’État lui-même et ses hommes de paille, plus ou moins officiels. L’État est certes régulièrement « condamné », mais c’est le contribuable qui paie l’amende. Et jamais l’État n’est condamné pour incivilités, vandalismes, nuisances et autres désordres à l’ordre public.