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Texte libre n1
Allo, les institutions, les juges des parents divorces,
Et si on écoutait ?
Il faut écouter davantage les familles,
pas seulement lorsqu’elles parlent comme on voudrait qu’elles parlent,
pas seulement lorsqu’elles approuvent,
pas seulement lorsqu’elles entrent dans les cases
que les institutions ont prévues pour elles.
Écouter vraiment.
Parce que derrière une colère,
derrière une parole maladroite,
derrière une accusation parfois trop brutale,
il peut y avoir une réalité
qui dérange.
Une réalité que personne n’a regardée.
Combien de drames silencieux,
jamais repérés ?
Combien d’erreurs des services,.voire des personnes
parce que personne n’a rien osé remettre en question ?
Combien de décisions devenues des certitudes
simplement parce qu’elles ont été répétées,
de rapport en rapport,
de professionnel en professionnel,
jusqu’à ne plus être interrogées ?
Et lorsqu’un professionnel ose parler,
que lui répond-on ?
« Vous ne connaissez pas le terrain. »
Lorsqu’une famille ose parler,
que lui répond-on ?
« Vous êtes trop émotionnelle. »
Lorsqu’un parent conteste,
que devient sa parole ?
Une difficulté supplémentaire.
Un manque de recul.
Une mauvaise compréhension.
Une tension avec les services.
Et lorsqu’un médecin, un éducateur, un directeur,
un parent ou simplement un citoyen
dénonce ce qu’il estime être une défaillance,
faut-il immédiatement défendre le système ?
Ou peut-on, un instant,
écouter ce qui est dit ?
Dire qu’il existe des professionnels remarquables
n’empêche pas de reconnaître les défaillances.
Reconnaître les défaillances
n’efface pas le travail de ceux qui s’investissent.
Les deux peuvent être vrais.
Il existe des éducateurs extraordinaires.
Des psychologues engagés.
Des assistants sociaux qui donnent énormément.
Des institutions qui accompagnent avec humanité.
Et il existe aussi des familles qui souffrent.
Des enfants dont le lien familial s’effiloche.
Des décisions qui mériteraient d’être réinterrogées.
Des erreurs qui peuvent durer
parce que personne ne veut reconnaître
qu’elles ont peut-être été commises.
Alors pourquoi faudrait-il choisir ?
Pourquoi faudrait-il défendre les professionnels
contre les familles,
ou les familles contre les professionnels ?
La protection de l’enfance ne devrait-elle pas être
un endroit où la contradiction est possible ?
Un endroit où l’on peut dire :
« Nous nous sommes peut-être trompés. »
Un endroit où l’on peut entendre :
« Cette famille nous dit quelque chose
que nous n’avions pas vu. »
Un endroit où un parent peut dire :
« Je ne suis pas d’accord. »
Sans que son désaccord devienne automatiquement
la preuve de son incapacité.
Parce que le véritable danger
n’est peut-être pas celui qui parle trop fort.
Le véritable danger, parfois,
c’est lorsque plus personne n’ose parler.
Lorsque chacun protège son collègue.
Son institution.
Son rapport.
Sa décision précédente.
Lorsque reconnaître une erreur
semble plus difficile
que de la maintenir.
Alors oui :
Il faut écouter les familles.
Pas pour leur donner automatiquement raison.
Pas pour donner automatiquement tort aux professionnels.
Mais parce que leur parole contient parfois
une partie de la réalité
que personne d’autre ne peut voir.
Et parce qu’une institution qui protège véritablement
doit pouvoir supporter d’être questionnée.
Alors…
Et si, avant de répondre,
on écoutait ?
Et si, avant de défendre le système,
on regardait l’enfant ?
Et si, avant de juger celui qui dénonce,
on vérifiait simplement
s’il n’avait pas quelque chose d’important à nous montrer ?
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Bande dessinée sans titre N1

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SJP : Service Public ou Service Perdu de Justice ?
