Lancement de l’Université d’été des immenses

Le Syndicat des immenses est fier d’annoncer la tenue de sa première « Université d’été des immenses » le vendredi 7 mai 2021, avec la collaboration de l’ARC, de DoucheFLUX, du Forum et de la VUB, et l’appui de United Stages. Elle aura lieu dans les locaux de la VUB (en présentiel et distanciel).

Elle veut
1) faire entendre et valoriser les voix, réflexions et points de vue de personnes en situation de précarité (mal-logement ou non-logement) à Bruxelles ;
2) provoquer des discussions, débats et réactions avec des travailleurs sociaux, des politiciens et des chercheurs intéressés par la problématique.
L’UEI n’espère pas faire converger les savoirs et expertises mais veut provoquer leur croisement, voire leur amplification réciproque.

Les réflexions / témoignages / positionnements / visuels des personnes en situation de précarité par rapport aux 4 thèmes retenus (voir ci-dessous) peuvent être envoyés à syndicatdesimmenses@gmail.com. Ils feront l’objet d’un livret distribué le 7 mai aux participants de l’UEI. Précision : toute personne en situation de précarité peut contribuer et cela ne signifie pas forcément qu’elle se revendique « immense », qu’elle cautionne cet acronyme, qu’elle adhère au Syndicat des immenses ou désire en devenir membre.

Les 4 thèmes de l’édition 2021 de l’UEI  :

1.  Objectif  « zéro déchet humain » (contre l’économie du gaspillage (humain))
Le juste combat en faveur du climat ne peut plus ignorer l’« obsolescence programmée » des immenses (dont l’espérance de vie moyenne est significativement plus basse). Pas de planète B ? Pas de vie B non plus ! Une vie humaine brisée est une vie définitivement brisée, un gâchis énorme et irréversible, une destruction de possibles, potentialités, de puissances. Pourquoi s’arrêter aux ours blancs ? Parce que leur dignité à eux ne fait pas question ? Parce la question de leur part de responsabilité dans la menace pesant sur eux ne se pose pas ? Parce qu’ils sont mignons ?

2. Pour dire l’immensité, des mots sont à inventer et certains sont à bannir (pour un thesaurus de l’immensité)
« Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde », écrit Albert Camus. « Mal nommer les gens, c’est ajouter à leur malheur sur terre », pourrait-on ajouter. Et beaucoup de mots manquent pour dire et décrire au plus près la vie des  personnes en mal- ou non-logement. Et les mots importent aussi dès qu’il s’agit de lutter contre des conditions de survie indignes. Le sans-abrisme (qu’il faudrait rebaptiser sans-chez-soirisme), par exemple, est une tragique fatalité, une  décision politique et/ou un crime contre l’humanité ? La réponse n’est pas sans conséquences.

3. La vie rendue invivable (contre la nécropolitique)
La nécropolitique désigne une forme de rationalité particulière de la gestion de la vie des populations. Elle vise à exercer un pouvoir et un contrôle sur certaines populations en leur rendant la vie difficilement vivable, voire invivable. Il s’agira de penser l’oppression nécropolitique ainsi que la corrélation entre, d’une part, l’expérience vécue d’une indistinction entre vie et mort dans l’existence des immenses, et, d’autre part, les dispositifs étatiques et institutionnels encadrant la gestion de leur survie. Par la nécropolitique, la vie de l’immense est rendue indigne.

4. Fêter la Saint-Covid le 13 mars ? (le virus exacerbe les inégalités et sort des personnes de la rue)
Les délétères conséquences sociales, psychologiques et économiques de la crise sanitaire sont manifestes et iront en s’intensifiant. Comment les personnes en situation de grande précarité traversent-elles la crise ? Les élans de solidarité et les solutions innovantes (type « hôtels ») dont elles ont pu profiter s’inscriront-ils dans la durée ? La crise a révélé de manière criante les dysfonctionnements de la société. Jusqu’où peut aller l’affaiblissement des plus faibles ?

Télécharger l’appel à participations en PDF ici.

Toute l’aventure de l’UEI se retrouvera dans Politique et immensité, un livre publié par les éditions Maelström.

L’UEI se veut non seulement la première « université d’été » ayant lieu en plein printemps, mais aussi la première résolument anti-blabla.